• Clause de conscience : la fausse bonne idée

    Posté le 22 nov 2012 sous Actualités | Commentaires fermés

    Afin de relever le « défi  de trouver des nouvelles formes pour vivre les différences dans l’égalité », pour reprendre les mots des évêques de France et, en l’occurrence, dans le mariage, ma position reste la même. C’est au nom de l’Egalité des Droits que je me positionne favorablement au mariage pour tous.

    Entendons-nous sur les termes. Je considère le mariage comme l’acte d’union entre deux personnes qui s’aiment, et non pas comme un contrat ouvrant des droits ou encore comme un engagement donnant le droit de fonder une famille. Je donne ici l’exemple de ses familles que nous connaissons tous autour de nous et qui n’ont pas besoin du mariage pour vivre et faire vivre l’esprit de famille.

    Mon propos d’aujourd’hui fait écho au discours du Président de la République, qui a d’ailleurs depuis décidé de revenir sur ses mots, concernant l’instauration d’une clause de conscience.

    Jamais personne n’a été contraint d’être élu, c’est un choix qui implique des devoirs, au premier desquelles celui de garantir les principes de la République.

    Quelle faute, quelle stupidité et quel danger ! De quelle manière inscrire la possibilité pour un maire ou ses élus de se prévaloir d’une clause de conscience pour ne pas célébrer un mariage entre deux personnes de même sexe ? Comment des élus de la République, élus du Peuple, peuvent-ils ainsi se prévaloir de leur conscience et de ne pas appliquer de fait la Loi ?

    Qui dit conscience, dit conviction et en l’occurrence religieuse, est-il possible dans notre République laïque, qu’un élu fasse primer sa conviction sur son devoir ? Je crois savoir que dans notre démocratie, jamais personne n’a été contraint d’être élu, c’est un choix. Ce choix implique des devoirs, au premier desquelles celui de garantir les principes de la République.

    Je vous laisse imaginer les dérives possibles d’une telle clause qui serait obligatoirement générale dans ce texte de loi. Après le refus de marier les homosexuels, pourquoi ne pas invoquer cette clause pour ne pas marier les divorcés, les asiatiques, les handicapés ou les musulmans ?.. Cette clause de conscience, qui est par ailleurs une nécessité dans le monde médical, quand on touche aux questions de la vie et de la mort, est loin d’en être une quand il s’agirait finalement, au nom de sa conscience, de juger l’amour sincère d’autrui.

    En proposant cette possibilité, le Président de la République fait peser un gros risque sur notre Egalité Républicaine en général, et sur l’Institution du mariage en particulier.

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